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Page mise à jour le 02/14/2010Fièvre vallée du Rift - santé humaine, lait et élevage
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Sources :
· Risque de propagation de la fièvre de la vallée du Rift dans l’Océan Indien (la Réunion et Mayotte). AFSSA – Juillet 2008
· Avis de l’AFSSA sur le risque de propagation et de pérennisation de la fièvre de la vallée du Rift à Mayotte. AFSSA – 16/04/2008
· Rapport sur l’évaluation du risque d’apparition et de développement de maladies animales compte tenu d’un éventuel réchauffement climatique. AFSSA – 2005

Rédacteur de la note : J.L. SIMON (GDS RA), Mai 2009.
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La Fièvre de la vallée du Rift (FVR) est une maladie tropicale à virus commune à l’Homme et à certains mammifères (dont les ruminants), transmise par des moustiques ou par contact direct avec des matières virulentes.

Quel rapport avec le lait ?

La transmission directe entre êtres humains semble quasi nulle. La transmission par des moustiques n’est pas démontrée mais est suspectée dans un petit nombre de cas. Plus de 90% des contaminations humaines ont lieu par manipulation ou contact direct de matières provenant d’animaux malades : viande fraîche, sang, eaux fœtales et placenta, etc. Selon l’AFSSA, « il n’est pas exclu que le lait puisse être contaminé pendant la courte phase virémique de l’animal ».

Les occasions de contamination humaine sont donc souvent l’abattage, la préparation de la viande, les mises bas, et peut être la traite. Le rôle du lait se limiterait à cela. Le virus est détruit par la pasteurisation et la contamination par consommation de lait cru n’a jamais été démontrée, même si elle paraît avoir été suspectée. De toute façon, le lait des animaux malades ne doit pas être livré à la consommation humaine. Par ailleurs, le virus étant sensible à la trypsine (enzyme du pancréas) et étant détruit à des pH inférieurs à 6,8, il ne résiste pas aux conditions normales de la digestion. Néanmoins, selon l’AFSSA, en milieu infecté, « par mesure de précaution, en l’absence de données, il est conseillé de faire bouillir le lait ».

Pour ce qui concerne la manipulation de la viande, les animaux malades ne doivent pas entrer à l’abattoir. De plus, la maturation de la viande détruit le virus en 48H.

A cela près, le lait des régions atteintes de FVR ne fait l’objet d’aucune restriction particulière de commercialisation ni dans le Code zoosanitaire de l’Office International des Epizooties, ni dans la réglementation Française ou Européenne (contrairement à la viande). La FVR est à déclaration obligatoire. En France, elle figure sur la liste des maladies animales devant faire l’objet d’un plan d’urgence.

Quel risque en France continentale ?

On croyait la FVR confinée à l’Afrique intertropicale de l’Est. Durant les 20 dernières années, elle s’est étendue à l’Afrique du Sud, de l’Ouest (jusqu’en Mauritanie), à l'Egypte, à la Péninsule Arabique, à Madagascar, aux Comores et à Mayotte, touchant ainsi un territoire français. La probabilité de diffusion interhumaine de Mayotte à la Réunion ou à la métropole est jugée quasi nulle par l’AFSSA. Pourtant, une incursion en métropole est théoriquement possible du fait de la présence d’au moins 4 espèces de moustiques vecteurs en Europe moyenne. Le risque principal viendrait alors de l’introduction du virus par de la viande ou des animaux infectés (ou vaccinés avec un vaccin vivant atténué ?) avec relais amplificateur dans les populations de ruminants locales. La survenue récente de la fièvre catarrhale en Europe du Nord doit amener à s’interroger sur cette éventualité (N.D.L.R.). Néanmoins, l’AFSSA, dans son avis de 2005 sur le réchauffement climatique considère le risque d’installation durable comme négligeable à faible.

La FVR chez l’Homme

La moitié des contaminations humaines sont sans symptômes. L’autre moitié se traduit par des signes de grippe dont 3 à 4% mènent à des complications d’encéphalite, de fièvre hémorragique ou d’atteinte de la rétine. La mort est possible dans environ 1% des cas. Dans des pays défavorisés, des épidémies ont néanmoins causé plusieurs centaines de morts.

La FVR chez les ruminants

Entre les périodes d’épizooties, la transmission se fait surtout par des moustiques qui s’infectent sur des animaux domestiques ou sauvages porteurs du virus. Certains d’entre eux contaminent leurs œufs, ce qui permet au virus de subsister de longs mois, notamment pendant les saisons sèches. Pendant les épizooties, la transmission par contact avec des matières infectieuses (surtout les produits d’avortements) devient prépondérante.

Les signes vont de la mortalité quasi subite à l’absence totale de signe, en passant par des symptômes de maladie respiratoire, des diarrhées plus ou moins hémorragiques, des vomissements, des avortements. La mortalité peut être supérieure à 70% chez les agneaux et les chevreaux, de 10 à 70% chez les ovins adultes et les veaux. La maladie est parfois grave mais rarement mortelle chez les caprins et bovins adultes. Le taux d’avortement peut atteindre 40% et même 100%. A ces pertes vient s’ajouter le coût des restrictions de commercialisation ou de circulation des animaux, comme dans la fièvre catarrhale.

La présence du virus dans le sang des animaux infectés serait de courte durée (au maximum une semaine). Les anticorps protecteurs apparaissent rapidement (au bout de 4 jours chez les caprins).

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