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| Page mise à jour le 01/13/2009 |  |
 |  | Il est temps de commencer la lutte contre les mouches
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Le cycle de dévellopement


Photo : I.Drouet
Laisser les mouches en salle d'attente
|  | Avec les beaux jours qui arrivent, “ la lutte contre les mouches” est à nouveau d'actualité car tout se joue maintenant, lors de l'apparition des premières mouches. Entretien avec Emile Dubettier, éleveur de 80 vaches laitières à Beaumont (74).
.La lutte contre les mouches est un ensemble de choses et il ne faut jamais relâcher la vigilance. L'objectif est de faire appel à des mesures de prévention et de traitements pour rompre leur cycle de développement.Il existe deux sortes de mouches : celles qui vivent à l’extérieur dans les champs et celles qui suivent les vaches dans leur voyage entre le pré et le bâtiment et qui vont pondre leurs œufs dans le tas de fumier. Tout d’abord, précisons que l’hygiène a un rôle fondamental, et pas seulement dans la lutte contre les mouches. L’hygiène, c’est balayer les refus alimentaires, laver les seaux d’allaitement des veaux, réparer les fuites d’eau des abreuvoirs, limiter les espaces humides, ramasser les bouses des vaches une fois lâchées. Tous ces petits gestes ont pour objectif de limiter les lieux de ponte. L’éleveur soigne les abords de son exploitation. C’est d’autant plus important pour lui car sa maison d’habitation est juste à côté de la stabulation et les voisins ne sont pas bien loin. “ Plus il y a de mouches dans la stabulation et plus il y en a dans notre maison. ” ont constaté les voisins.
Lutter contre les mouches, c’est aussi agir précocement. Dès que la température et l’hygrométrie augmentent, le cycle se remet en route. Il faut épandre un produit pour tuer les larves partout où il y du fumier : sous les niches des veaux, sous les abreuvoirs, dans l’aire paillée des génisses, sur les côtés du caillebotis. Tous les endroits chauds et humide sont des lieux potentiels de ponte à traiter de manière préventive, tout en respectant les doses prescrites. “ On voit bien que ce n’est pas inutile, quand on soulève les niches à veau, il y a tous les œufs de mouches en dessous qui sont secs, morts ” précise Emile Dubettier. Il ne suffit pas d’épandre ce produit une fois, le cycle de la mouche étant de trois semaines, il faut en épandre tous les dix à quinze jours. “ Une mouche qui va sur le fumier où il y du larvicide, ça ne lui fait rien ; le larvicide n’est que pour tuer les larves, il empêche les éclosions, c’est tout ” précise l’éleveur.
Rompre le cycle des mouches, un ensemble de mesures.
Le larvicide ne fait pas tout. Les premières mouches que l’on voit voler en avril sont celles qui vont pondre les premiers œufs de l’année. Là encore, il faut agir pour perturber le cycle. Plusieurs solutions existent. Emile Dubettier utilise un fils ruban englué : “ Ca semble plus efficace que les bandes avec des grandes largeurs. Parfois j’ai à peine fini de dérouler le fils à un bout que plusieurs mouches sont venues se coller à l’autre bout ”. L’éleveur a installé des clous sur les poteaux situés près des logettes pour maintenir le fils. “ Je renouvelle le fils toutes les semaines, même s’il n’est pas plein ; si je ne le fais pas le fils sèche, les mouches viennent se poser dessus et repartent. Parfois, il y a moins de mouches qui volent, on relâche la vigilance, on se dit qu’on fera ça demain, et puis on oublie. ” souligne l’éleveur.
La lutte contre les mouches peut être complétée par un répulsif sur le dos des animaux. “Avec un insecticide, les vaches ramènent moins de mouches dans le bâtiment. Dans les prés, elles sont plus tranquilles ” fait remarquer Emile Dubettier. Le répulsif est d’autant plus appréciable par temps chaud car les mouches sont présentes voir agressives par temps orageux. Il est donc important de renouveler l’application du répulsif, en particulier par temps chaud.
Limiter la présence des mouches en salle de traite.
La lutte contre les mouches a aussi une influence sur la traite. Dans la salle de traite actuelle, il y avait un plafonnier pour brasser l’air mais ce n’était pas suffisant. “ Notre salle de traite est assez fermée. Comme il y fait plus chaud que dans la stabulation, les mouches ont tendance à venir s’y réfugier. ” explique l’éleveur. La présence de mouches rend les vaches plus nerveuses, elles tapent plus souvent et décrochent les griffes. Il y a donc perte de temps pour laver la griffe, la rebrancher. Sans oublier que la griffe tombée par terre risque d’avoir avalé un peu de bouse provenant des pieds ; le taux de butyrique s’en ressent.
Une réflexion est engagée pour lutter plus effacement contre les mouches en salle de traite. Emile Dubettier est à l’affût de toutes propositions. A l’occasion d’une séance de parage, une discussion sur le thème des mouches amène Jean-François Mermaz, technicien du GDS, à expliquer le fonctionnement des ventilateurs nouvelle génération : un brassage d’air plus important que les plafonniers. Certains modèles sont adaptés aux petits volumes. Emile Dubettier avait bien lu des articles dans la presse sur les brumisateurs, les ventilateurs etc… mais tout ce qui était présenté concernait des gros troupeaux, les équipements proposés étaient chers et il voyait mal comment mettre cela dans sa petite salle de traite déjà réduite par l’encombrement des tubes et néons.
Le principe du ventilateur – un important brassage du volume d’air - repose sur le fait que les mouches n’aiment pas les courants d’air. Elles se plaquent contre les murs ou de préférence sur les surfaces en bois et elles attendent la fin de la tempête. Le ventilateur a été positionné au fond de la salle de traite pour repousser les mouches à l’extérieur. “ C’est un investissement qui valait le coup. J’ai gagné en confort de traite autant pour les vaches que pour les personnes. Et les vaches sont bien plus calmes ” précise l’éleveur.
Emile Dubettier résume très bien la lutte contre les mouches : “ le plus important pour maîtriser les mouches, c’est de commencer tôt, de mettre en place un ensemble de choses dont il faut assurer le suivi pendant tout l’été, sans relâcher la vigilance ; et ce n’est pas une fois qu’on est envahi qu’il faut commencer à s’en occuper ”. A vous de jouer.
Propos recueillis par I.Drouet – GDS 74. |
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