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page mise à jour le 07/04/2003 . | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Le daim sur les pentes de la Chartreuse Le daim est agile mais ne peut franchir la clôture de deux mètres de haut du parc des Denat à Mont-Saint-Martin. Seul le renard parvient à se glisser sous la grille. La harde de daims (entre 80 et 120 bêtes) est élevée dans dix hectares entourés d’une clôture homologuée par la DDA. “ Le daim vit en plein air intégral toute l’année ”, souligne Anne Denat, chef de l’exploitation depuis un an. “ Nous possédons des daims blancs, roux et noirs qui viennent des régions boisées d’Europe ” ajoute son mari, un passionné de chasse. Animal familier mais non domestique, le daim se laisse approcher par les visiteurs grâce à un seau de maïs. Les visites, sur réservation, sont encadrées par Hubert Denat qui est aussi accompagnateur en moyenne montagne. Cet été, elles étaient aussi organisées dans le cadre de la route des savoir-faire en Chartreuse. “ Le daim peut manger du feuillage, des fruits, des châtaignes… mais pas de pain ! ”, lance Hubert Denat pour les randonneurs de Chartreuse tentés d’en glisser aux animaux. Herbivore au museau fin, le daim est plutôt un gaspilleur d’herbe et de foin dont il trie les brins. Une pierre de sels minéraux, du maïs, de l’orge et de la luzerne complètent cette alimentation. L’eau est montée dans une citerne et récupérée du toit de l’abri. L’abreuvoir reste ainsi propre et il n’y a pas de zone de piétinement où les parasites se développent. Les daims ont gardé leurs défenses immunitaires naturelles et sont contrôlés à l’abattoir pour la douve et les strongles. “ En 10 ans, je n’ai vu que deux cas d’animaux parasités ”, rapporte Hubert Denat. Les animaux sont surtout fragiles à leur naissance, au mois de juin, où ils ne supportent pas la pluie. Hubert veille aussi à éviter les combats trop violents de mâles pendant la période de rut à l’automne en échelonnant leur âge. Le daim habitué aux grands espaces Les cervidés ont besoin d’espaces boisés où la femelle se retire pour mettre bas. Cette semi-liberté est la plus grosse difficulté de l’élevage. “ Le daim pose des problèmes de manipulation des animaux ”, témoigne Hubert Denat. Un bâtiment de contention, obligatoire, aide à piéger les animaux conduits à l’abattoir. Si le nombre de mâles et femelles sont connus, les faons sont répertoriés à l’âge de 11 mois. Ils ne sont ensuite marqués physiquement qu’à leur entrée ou sortie du parc. “ Un modeste producteur d’excellente viande ” Les Denat fauchent leur foin et s’occupent de la transformation et de la commercialisation des animaux. “ Le daim est un modeste producteur d’excellente viande. Le rendement est faible et il y a des frais d’élevage ”, commente Hubert Denat. La gestation dure 230 jours et les femelles ne mettent bas qu’un seul faon. Ils sont séparés des adultes juste avant la mise bas de l’année suivante et l’animal est conduit à l’abattoir à partir de 18 mois. La carcasse rassit une semaine en chambre froide Au laboratoire de Sardieu, Anne Denat cuisine terrines, ragoûts, civets et daubes commercialisés en pot stérilisés sur place, dans des magasins de producteur et sur les places de marché. “ La viande fraîche est vendue ponctuellement en fonction de la demande. Le filet part à 38,11 euros le kilo, c’est une viande tendre que les enfants mangent facilement. On tue deux à quatre animaux par mois et il n’y a quasiment pas de perte puisque l’on transforme les restes ”, dit-elle. Dans le respect de la tradition, elle laisse rassir la carcasse une semaine en chambre froide. Elle envisage de créer un CTE bio avec le récent cahier des charges mis en place pour les cervidés. La commercialisation marche plutôt bien, elle touche une clientèle “ cherchant l’originalité et la qualité ”. Pourtant, les Denat hésitent à s’impliquer plus dans l’exploitation. “ D’après des calculs, on devrait pouvoir vivre tous les deux de l’élevage, mais on joue la carte de la prudence ”. Pour le moment, le couple et ses trois enfants s’organise pour transmettre leur passion avec des visites et des goûters à la ferme. La croissance des bois du daim, appelé aussi “ cerf des dames ”, fascine toujours autant le spectateur.
Certificat de capacité pour l’élevage des espèces non domestiques La détention, même à titre scientifique, d'espèces non domestiques (vertébrés ou invertébrés) est soumise à une nouvelle réglementation. L'agent responsable, technicien ou chercheur, de l'élevage de ces espèces dans les animaleries concernées, doit être titulaire d'un certificat de capacité pour l'élevage délivré par le ministère de l'environnement. Les locaux d'hébergement sont ensuite soumis à un décret préfectoral d'ouverture. Des diplômes ou une expérience professionnelle sont requis pour le postulant. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||