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page mise à jour le 07/04/2003
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Chez l'homme, Campylobacter est la principale cause des gastroentériques bactériennes selon une étude norvegienne qui fait le point sur l'incidence de cette affection.

Dans le numéro du 13 juin 2002 d'EuroSurveillance Weekly, un article de Karin Nygård fait le point sur l'augmentation du nombre de cas de campylobactériose humaine en Norvège.

Pour la France, la campylobactériose devrait être prochainement recherchée dans les analyses suite à des infections digestives. Nul doute que l'on va alors découvrir sa véritable importance, à un niveau probablement très proche de celui qui est déjà observé dans les autres pays de l'UE.
M.D.



Campylobacteriose en Norvège en 2001 :
l'incidence continue d'augmenter
Sur les 2890 cas de campylobacteriose signalés en 2001:
    • 20% (552 cas) ont été admis à l'hôpital, et aucun décès n'a été rapporté.
    • 50 p.cent des infections de 2001 auraient été acquises à l'étranger (1441 cas "importés")
    • 43% (1246 cas) en Norvège,
    • pour les cas restants, il n'y a pas d'information disponible sur l'origine géographique de la contamination.
Ce sont les cas domestiques qui ont le plus augmenté (+38 %) alors que les infections acquises à l'étranger ont augmenté de 12%.
    cette tendance à l'augmentation est constamment mise en évidence depuis le millieu des années 90.

Répartition des cas :
    • sexe : hommes (53%) / femmes (47%),
    • âge médian des patients : 33 ans.
      A noter que dans les cas domestiques, l'incidence la plus élevée a été trouvée chez les enfants âgés 0-4 ans (48/100 000), suivis de près par les adultes âgés 20-35 ans.
Tendance saisonnières :
    • idem années précédentes : les infections à campylobacter sont le plus fréquentes en Juin-Août, avec une crête claire en juillet.
Pays d'origine de l'infection :

Rien de probant car les données reflètent surtout les destinations préférées des norvégiens en l'absence de possibilité de comparer avec les effectifs réels des destinations a l'étranger des norvégiens.
    • Espagne : 25 p.cent (364 cas).
    • Thaillance 147 cas
    • Maroc 78 cas
    • Portugal 64 cas
    • France 62 cas
    • Turquie 62 cas
Anadémies

L'augmentation des cas ne s'explicable pas par quelques grosses toxi-infections alimentaires collectives (TIAC). Seule une TIAC implique plus de 10 individus. Les deux principales TIAC recensées survenues en 2001 sont :
    • 14 joueurs de foot-ball suite à la consommation de viande de poulet souillé servie dans un restaurant-hotel,
    • 4 malades parmi des ouvriers d'une usine de transformation de volaille.

A noter qu'il existe des difficultés pour recenser et contrôler l'ensemble des manifestations, rassemblements, fêtes,...


Etudes cas-témoins

Une étude cas témoins a été conduite de 1999 à 2000 sur les cas de campylobactériose sporadique et domestique pour déterminer des facteurs de risques et établir des recommandations (2) :
    • 212 cas-patients et 422 cas-témoins de la population appariés par âge, sexe et secteur géographique
Les facteurs associés à un plus grand risque d'infection par Campylobacter
Facteurs associés à un risque moindre
  • eau potable non désinfectée,
  • barbecues,
  • consommation de volaille qui a été achetée crue (lié à la fréquence de la pratique)
  • contact professionnel avec les animaux (principalement vaches, moutons et volaille).
  • consommation de porc pas suffisamment cuit marginalement associé au risque (P=0.06).
  • consommation de mouton,
  • consommation de légumes crus,
  • consommation de fruits crus ou de baies,
  • consommation de produits de la mer, lacs, ou pisciculture.

Les résultats indiquent qu'une amélioration de qualité de l'eau potable, une modification des pratiques d'hygiène en cuisine notamment pour le barbecuie et préparation des volailles, un changement dans les modes de contacts avec les animaux (plus de protection je suppose), et un effort pour réduire la charge en campylobacter des volailles devrait permettre de réduire de manière substantielle la part des campylobactériose d'origine indigène


Conclusion

Depuis 1998, campylobacter est la cause la plus fréquemment rapportée de gastroentérite bactérienne en Norvège. La raison de l'augmentation observée des cas sporadiques est inconnue. Une augmentation similaire a été rapportée de plusieurs autres pays Europe, y compris l'Autriche, le Danemark, la Finlande, l'Irlande, l'Espagne, et la Suède. En 1999, pour la première fois, l'incidence des cas de campylobacteriose a dépassé celle des salmonelloses dans l'union européenne (3). Un programme pour l'amélioration de la qualité de l'eau potable a été démarré en 1995, et en 2001, un programme de surveillance visant a réduire les contamination par les campylobactéries des poulets à rôtir a été mis en application. L'effet de ce programme est surveillé.


References :
  1. Nygård K, Vold L, Kapperud G. Campylobacteriose i Norge 2001. MSIS-rapport 2002; 30(21). (http://www.folkehelsa.no/nyhetsbrev/msis/2002/21/msis0221a.html)
  2. G. Kapperud. Case-control study of campylobacteriosis in the counties of Rogaland, Hordaland and Sør-Trøndelag.Abstract. Presented at the Annual Conference at the National Institute of Public Health, Norway, December 2001.
  3. European Commission. Trends and sources of zoonotic agents in animals, feedingstuffs, food and man in the European Union and Norway in 1999: Summary. Directorate D ¡ Food Safety: production and distribution chain, Health & Consumer Protection Directorate-General, European Commission. (http://europa.eu.int/comm/food/fs/sfp/mr/mr08_en.pdf)
Reported by Karin Nygård, Line Vold, and Georg Kapperud, Nasjonalt folkehelseinstitutt (National Institute of Public Health), Oslo, Norway.